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»»Une épave de fusil 1er empire, remise en état par un collectionneur
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Un collectionneur a restauré une épave qu’il a achetée sur le site www.jjb-collection.com et a tenu à nous faire partager le bonheur de la résurrection de son fusil 1er empire.

 

Restauration d’un Fusil d’Infanterie Modèle AN IX

 

I- Introduction

Lors de ma première visite sur le site www.jjb-collection.com, effectuée un peu par hasard je dois l’admettre et la découverte de cet objet, un projet s’est immiscé dans mon esprit. Projet qui est rapidement devenu obsessionnel. Au vu de l’état général de la pièce, pourquoi ne pas redonner à ce fusil l’aspect martial qu’il avait deux siècles plus tôt.

C’est alors que se sont présentés à moi deux problèmes majeurs. Le premier allait consister à trouver les pièces manquantes nécessaires à la restauration. Le second, rencontrer un prestataire capable d’effectuer les réparations.

Choses difficiles lorsque l’on est un jeune tireur, non habitué des salons, des armes « d’Origine » et du monde de la collection en général.

Heureusement pour moi, j’avais adhéré deux ans plus tôt à l’association des Arquebusiers de France, dont l’un des membres à su m’aiguiller et me donner les adresses tant recherchées.

 

II- La restauration

J’ai donc profité des salons organisés au cours des mois suivants pour trouver une baguette, un embouchoir, une grenadière et une capucine. Après quoi, ces pièces ont été confiées à un armurier spécialisé dans la restauration d’armes anciennes et qui, par un heureux hasard, s’avère être basé tout près de chez moi.

 

Après nous être entendu sur les réparations à effectuer, les travaux de restauration ont pu être lancés.

La photo ci dessus présente le fusil tel qu’il était lorsque je l’ai reçu, on peut y voir les deux principales modifications réalisées au cours du XIXème siècle à savoir, la transformation chasse par raccourcissement du fût et la modernisation du système de mise à feu.

 

Le cliché figurant ci-dessous nous montre quant-à lui le même fusil une fois les travaux achevés. La restauration a consisté à rallonger le bois sous le canon, y ajuster les garnitures précieusement récoltées et remettre en place le système de mise à feu originel.

Si les garnitures sont d’époque, les pièces externes de la platine sont en revanche de production moderne et ont bénéficié d’un travail de vieillissement.

Dans un premier temps et en vue de rendre à ce fusil son aspect réglementaire, une enture a été réalisée (pour plus de clarté, je vous invite à vous reporter aux deux photos comparatives ci dessous). Dans un souci d’esthétique, la jonction entre le bois d’origine et la pièce rapportée a été effectuée au niveau de la capucine. Une partie du fût d’origine a donc été prélevée et l’épaulement destiné à empêcher tout déplacement de la capucine, recréé (à cause de la perte de cette pièce et des nombreuses manipulations, l’épaulement avait quasiment disparu).

La seconde étape de la restauration avait pour objectif de supprimer la masselotte et de recréer une lumière conforme à celle d’origine. Après dépose de la pièce existante, une tige filetée percée en son centre et de longueur quasi équivalente à l’épaisseur du canon a été insérée en lieu et place de la masselotte. Un léger apport de matière a permis de dissimuler toute trace de la réparation.

 

La troisième étape a consisté à remettre la platine à silex. Pour cela, le chien existant a été déposé, de même que ce qui restait du bassinet et des pièces de production récente ont été installées.

 

Parallèlement à tout ceci, d’autres opérations de remise en conformité ont été réalisées. Tout d’abord, le battant de bretelle qui avait été fixé à l’arrière de l’écusson a été remis à sa place. Deux vis de provenance inconnue ont également été remplacées. Ensuite, le tenon de baïonnette a été recréé et le trait de scie situé sur la queue de culasse (qui faisait office de cran de mire) a été rebouché. Enfin, les petites gravures chasse situées côté contre platine ont été supprimées.

 

La quatrième étape majeure de la restauration (peut-être la plus importante), a quant-à elle servi à homogénéiser la finition des différentes pièces, de manière à donner à cet ensemble un aspect à la fois cohérent et qui garde tout le charme d’une arme de deux siècles, ayant vécue et qui transporte avec elle une si grande page de notre Histoire.

 

III- Conclusion

Quelle ne fut pas ma surprise et ma joie lors de la découverte de ce fusil une fois les travaux achevés, je ne l’ai tout simplement pas reconnu. Au départ pourtant, le projet n’était pas sûr d’aboutir. Plusieurs réserves avaient été émises à son sujet. Les pièces manquantes allaient-elles pouvoir être retrouvées. L’épaulement disparu allait-il pouvoir être recréé.

 

L’état de la chambre et du bouchon de culasse allaient-ils permettre les travaux de restauration… Autant d’interrogations qui m’ont fait douter et me demander si cet achat quelque peu impulsif, n’avait pas été une lamentable erreur.

 

Je dois admettre que le travail et le savoir faire de cet artisan m’ont impressionné. Tout autant que ce fusil, qui à première vue semblait « mal en point » et qui s’est avéré être à la fois très saint et encore plein de ressources. La moindre des choses était donc de lui redonner un peu d’éclat pour le transmettre aux générations futures.

 

J’aurais tant aimé prendre une part plus active à ce projet, le vivre pas à pas de l’intérieur. Aujourd’hui je m’aperçois que le travail manuel et le contact avec la matière me manquent. Je suis dessinateur-projeteur dans une société de génie climatique, je suis méticuleux et j’apprécie le travail bien fait. Malheureusement, ce n’est pas toujours la règle sur les chantiers où rapidité et rentabilité sont les maîtres mots, trop souvent au détriment de la qualité finale de la prestation.

Très jeune déjà, je préférais l’établi plutôt que l’informatique et les jeux vidéos, jouer de la lime plutôt que de perdre mon temps devant la télévision. Aujourd’hui pourtant, je passe mes journées devant l’écran de mon ordinateur à faire des plans, des devis, comparer les offres de mes fournisseurs et passer des commandes de matériel. Le soir mes yeux en souffrent et m’obligent à consulter régulièrement mon ophtalmologiste (trop souvent à mon goût, surtout lorsque l’on sait que je n’ai pas encore vingt cinq ans).

 

Lentement mais sûrement cet appel de la matière, ce contact avec des matériaux nobles tels que le bois ou les métaux se fraye un chemin dans mon esprit et me susurre à l’oreille, « si tu as le sentiment d’avoir fait le tour de ton métier actuel, que tu ne ressens pas l’envie de le faire pendant encore au moins quarante ans, si tu penses que ce n’est pas ta vocation, alors pourquoi ne pas envisager une reconversion professionnelle ? ».

 

Et quelle meilleure reconversion que celle qui consiste à exercer sa passion. Une question demeure pourtant… Si ce métier n’en est pas moins fascinant, est-il viable ? À en croire l’armurier qui a effectué les réparations (et qui a mis plus d’un an à réaliser les travaux tant il avait de travail), oui.

 

C’est alors que se posent d’autres questions cruciales pour la suite, quelle formation suivre et comment se faire soutenir financièrement (si tant est que cela soit possible, car il s’agit d’une démarche volontaire et non d’un événement subit tel qu’un licenciement économique par exemple).

 

Le Lycée Professionnel Benoît Fourneyron à Saint Etienne propose une formation d’un an ouverte aux adultes, elle permet d’apprendre les bases de l’armurerie. Cependant, est-elle adaptée pour quelqu’un qui souhaite se consacrer au commerce et surtout à la préservation d’objets anciens comme celui présenté plus haut.

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